Dans le genre on a envie de faire du “com” mais on ne sait pas quoi en faire après, je demande la situation à Gaza. Nombreux sont les sites qui ont dus très vite tout arrêter au risque de se laisser déborder.
Comme l’a justement fait remarquer Mediapart au plus fort du conflit à Gaza, les sites internet de nombreux médias ont dû fermer les commentaires sur les articles à propos de la situation israélo-palestinienne ou en supprimer des centaines (pour Rue89). Bien sûr, à Mediapart on doit sourire un peu puisque chez eux ne peuvent commenter que les gens qui paient. Comme risquer de perdre son compte pour un commentaire qui sera de toute façon supprimer n’en vaut pas la chandelle, on est tranquille de ce côté là. Le site met donc en avant “un débat de qualité”, au-dessus de la mêlé. C’est un peu la même chose au Monde.fr où, là encore, il faut payer pour commenter et la modération se fait a priori.
On voit qu’il y a plusieurs modèles pour résoudre l’équation des commentaires. Par exemple Rue89 s’en sort au prix d’une explication de texte de Pierre Haski et d’une modération musclée en plus de la nécessité de s’inscrire qui calme quelques ardeurs. En revanche, il est évident que seuls les sites qui ont réellement intégré la dimension du commentaire s’en sortent sans trop de dégâts et sans devoir tout couper.
Fallait-il entendre la panique dans certaines rédactions pour comprendre que tout le monde n’est pas prêt à assumer ses propres choix? Ça fait chouette d’avoir 375 commentaires sur un papier à propos de Britney Spears… les gens s’expriment, c’est la démocratie. Et comme ils s’expriment sur du vent, pas de problème. Quand la parole devient polémique, clivante et qu’elle peut déraper si on a pas pris la peine de payer des modérateurs ou de créer une communauté capable de dialoguer (sur la base d’un abonnement payant ou pas)… là y’a plus personne.
JDD, Libération, Europe1, voilà des sites pris dans la tourmente d’une pseudo-volonté de participation, mais qui n’y ont jamais vraiment mis les moyens. Résultat : commentaires fermés.
Sauf que lorsqu’on lui a fait croire à la liberté d’expression, l’internaute y prend goût le bougre*! Du coup, on l’a vu aller poster des messages nauséabonds sur le blog de sport d’Europe1. Puis (de manière encore plus dégueulasse et courageuse) sur les fiches des animateurs de la radio en ciblant ceux qui selon lui avaient des noms “à consonance”. Sur Europe1.fr, ils étaient contents quand l’offensive israélienne à Gaza s’est arrêtée et qu’ils ont pu recommencer à croire en l’intelligence collective.
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*Il n’est pas très raisonnable: il aurait pu s’en rendre compte avant que c’était bidon, et que ces commentaires ne servent qu’à faire de la page vue et du temps d’audience…